À 27 ans, Fabien Delcourt est un auteur entrepreneur qui compte déjà de nombreux succès à son actif. Il a publié L’ingrédient secret de la réussite pour aider ses lecteurs à vivre une vie extraordinaire et épanouissante sur tous les plans. 

Bonjour Fabien. Tu as publié un livre de 408 pages pour partager tes connaissances et inspirer un large public. En t’appuyant sur ton expérience, tu encourages vivement les gens qui aiment écrire et qui ont un message à transmettre, à écrire un livre pour à la fois structurer leur pensée et porter leur message dans le monde. Toi-même, comment tu t’y es pris ? 

Sacrée aventure ! J’ai commencé par une mindmap avec toutes mes idées et je me suis lancé tête baissée. J’ai rédigé une première version : 40000 mots en 3 semaines, j’écrivais tous les jours. À la lecture, c’était dense et ça manquait de structure. Avec le recul, je me suis rendu compte que j’aurais dû créer le process d’abord, en lien avec mon pourquoi. 

Alors j’ai refait une mindmap, et j’ai cherché la cohérence du tout. J’ai un esprit de synthèse et une certaine facilité à organiser mes idées. J’ai trouvé la métaphore du temple au cours d’une discussion avec ma compagne. C’était une illustration parfaite pour organiser le contenu en chapitres : les fondamentaux, les 3 piliers, l’inspiration et l’aspiration. J’ai alors tout repris à zéro.

La V2 a pris un peu plus de temps, environ 5 semaines, parce que j’ai déménagé entretemps. Ensuite, j’ai laissé mûrir un bon mois, pendant que j’obtenais des retours de quelques lecteurs choisis.

Pour la V3, le processus a été plus long : ajouts, relectures, corrections. C’est grâce aux remarques qui m’ont été faites que j’ai choisi d’intégrer des histoires, pour alterner les contenus théoriques et inspirationnels. Je donne des clés et des exemples, pour mieux illustrer la puissance des concepts que je partage. C’est en quelque sorte une synthèse de tous les livres de développement personnel qui existent. Mon intention est de transmettre aux gens comment on gère ce qu’on a dans la tête, comment fonctionne notre cerveau : notre état d’esprit est l’ingrédient le plus important de notre vie. Et pour moi, ce qui est primordial, c’est d’identifier notre pourquoi. 

À la fin, j’ai passé des weekends à relire et peaufiner, jusqu’au moment où je me suis dit « ça suffit, c’est prêt ! » Je pourrais toujours ajouter des choses bien sûr, mais c’est bon comme ça et le livre peut sortir.

Tu as fait le choix d’écrire un livre de méthode, alternant concepts et exemples. Est-ce que tu avais imaginé d’autres formes ? 

J’ai envisagé un roman initiatique, parce que je connais le pouvoir des histoires en pédagogie. Mais en fait, j’ai laissé mes doigts parcourir le clavier et après, au fur et à mesure, j’ai ajouté de la pédagogie : j’ai créé une expérience de lecture multi-sensorielle, avec des questions d’autocoaching, des bonus à télécharger, des exercices d’implémentation. Ce n’est pas juste un livre à lire de A à Z. C’est un livre de méthode où je n’enseigne pas des théories à apprendre, mais dont le contenu s’approprie, où chaque chapitre est une entrée pour expérimenter. Je ne détiens pas la vérité !

Au fur et à mesure de l’écriture et des relectures, j’ai ajouté des choses auxquelles je n’avais pas pensé : les textes à trous pour impliquer le lecteur, la métaphore du temple pour articuler les parties…

Quel est selon toi le secret qui t’a permis d’aller au bout de ce projet d’écriture ? 

La persévérance ! C’est le troisième pilier dont je parle dans mon livre. J’écrivais tous les jours, avec constance. C’est facilement devenu une routine, parce que j’adore écrire et transmettre. Je ne connais pas le syndrome de la page blanche, je suis aussi bavard à l’écrit qu’à l’oral ! Même si je bloque parfois, je m’autorise une tournure maladroite qui sera corrigée plus tard…

Ma discipline consistait à écrire 15 minutes par jour minimum. C’était un plaisir. Les sessions se transformaient souvent en 1 heure ou 2 heures. C’était ma première activité quotidienne, après ma routine matinale, avant de démarrer ma journée de travail. Quand j’avais des rendez-vous qui me stoppaient dans ma lancée, je reprenais le lendemain. J’avais tellement d’idées que ça venait tout seul. Du coup, je n’ai pas vraiment eu de difficultés ou d’obstacles pour l’écriture.

Le plus dur a été de choisir ce que je mettais ou pas, en fait. J’ai accepté de ne pas parler de certains sujets. Je n’ai pas été coaché à proprement parler, mais j’ai tenu compte des feedbacks qu’on m’a donnés. Un ami m’avait dit « Tout ce que tu écris doit servir ton message ». Je m’en suis servi comme filtre pour trier mes idées. C’est ce qui m’a permis d’avoir une extrême cohérence.

Après coup, je me suis rendu compte que j’avais oublié certaines notions, mais ce n’est pas grave. Ça fait partie du processus aussi. J’ai publié une première version, et c’est ce qui est le plus important. 

Tu parles des retours que tu as reçus de tes premiers lecteurs. Comment ça s’est passé ? À quel moment as-tu montré ce que tu as écrit ? 

J’ai attendu d’avoir une version complète pour le faire lire à des proches. Pendant l’écriture, je suis resté isolé dans ma caverne. Quand j’ai posé ce que j’avais en tête et que ça tenait la route, j’ai demandé autour de moi à des personnes en qui j’avais confiance de me dire ce qu’elles en pensaient. J’en ai tenu compte. On m’a notamment fait remarquer que c’était trop théorique, qu’il y avait trop d’infos. C’est pour ça que j’ai ajouté des histoires, pour équilibrer. J’ai aussi parlé de moi, j’ai donné des références, j’ai apporté différents éléments pour toucher plus facilement les lecteurs.

Et puis je l’ai encore relu à plusieurs reprises avant de décider que c’était abouti ! J’ai fait en sorte de créer un livre pour un large public. Il peut être ouvert aussi sur une page au hasard, comme un guide intuitif. Les éléments sont distillés au fil des pages. On y trouve des ressources utiles sans être obligé de le lire du début jusqu’à la fin.

Comment tu t’y es pris ensuite pour l’édition ? 

Je l’ai édité moi-même. J’ai envisagé de le faire éditer, mais j’ai préféré garder mon authenticité, rester totalement maître de mon projet. J’ai délégué la couverture, en supervisant la réalisation. J’ai conçu la 4e de couv en modélisant des livres existants dont je me suis inspiré. J’ai pris une assistante qui a relu, mis en page, et coordonné les finitions.

Un de mes coachs avait publié avec Lulu.com, intéressant à tous les égards. J’ai suivi son exemple. Pour la promotion, j’applique les stratégies marketing.

Quel a été ton déclencheur pour passer à l’action ? Et quel pourrait être le déclic pour tous ceux qui veulent écrire un livre ? 

J’avais besoin d’une prise de recul pour faire le tri dans toutes les idées que j’avais. J’ai réussi à avoir la clarté sur ce que je voulais vraiment au cours d’une quête de vision, un stage chamanique de 4 jours de jeûne sec en pleine nature, sans aucune distraction.

Si c’est vraiment important pour soi, avec un message fort à transmettre et un public, si tous les éléments sont réunis, il suffit de prendre la décision ferme et irrévocable de le faire. Quitte à signer un engagement avec soi-même, à signer un chèque de caution à un ami fiable pour être sûr de s’y mettre… Ceci est valable quel que soit le projet.

Pour une personne qui est prise par de multiples considérations et contraintes, qu’est-ce qui l’aiderait à tenir son engagement ?

C’est une question de priorité : est-ce que c’est bon pour moi maintenant ? Et quel est le temps minimum que je peux y consacrer chaque jour ? Il faut créer une habitude, une routine minimale que je suis sûr de tenir.

Et quand tu te sens bloqué, si par exemple tu as arrêté la veille et tu butes pour reprendre ? Un quart d’heure, c’est peu ! Comment tu gères ? 

Je n’étais pas du tout chronologique. Avec une structure, un process très clair, c’est simple de remplir les cases. Si je suis plus inspiré sur une partie plutôt qu’une autre, c’est pas grave. Et je peux rebondir par association d’idées, écrire un bout et un autre. Les connexions, la cohérence, on s’en occupe à la fin.

Verrais-tu un intérêt à faire partie d’un groupe de gens qui sont dans le processus d’écriture, pour se motiver ? 

C’est ce qu’on appelle accountability partners. Je l’ai fait tout seul, mais ça ajoute à la puissance du processus. En cas de blocage, ça permet de se soutenir. Ça peut être intéressant de demander autour de soi qui a envie d’écrire un livre, et de se faire un call chaque semaine pour faire le point. Quand on a des difficultés à tenir un engagement, c’est plus facile. Il faut que la motivation soit intrinsèque au départ, ne pas dépendre de quelqu’un pour avancer, mais ça peut la renforcer. 

Je n’avais pas annoncé ma deadline, mais j’en avais parlé autour de moi. L’environnement compte beaucoup. La pression sociale positive peut être un levier : au plus on s’engage publiquement, au plus on doit le faire. J’ai eu plutôt du soutien de ce côté-là. Le livre, en France, est quelque chose de valorisé. J’ai reçu surtout des encouragements.

Tu as maintenant d’autres projets de livres ? 

Dès que j’avais fini celui-là, j’avais l’idée du suivant ! J’en ai plusieurs en tête, différents et complémentaires. Le premier qui est venu concerne la collapsologie. Ce serait un petit manuel de (sur)vie à l’intention d’une espèce menacée. L’idée est de proposer des pistes pour être paré à toute catastrophe, être capable de vivre en toute autonomie en toutes circonstances. J’ai eu aussi une envie de roman initiatique, mais je trouve qu’il y en a déjà beaucoup et je ne suis pas un écrivain de fiction. Un autre projet est d’écrire un livre dans la continuité de L’Ingrédient secret de la réussite, destiné aux entrepreneurs : le manuel de l’entrepreneur de A à Z, une synthèse de tout ce dont un entrepreneur a besoin pour réussir. 

Finalement, le prochain, ce sera un livre plus spécifique sur moi, mon parcours, mes difficultés. Pas autobiographique, mais où je vais rencontrer mon public là où il est : je vais l’orienter pour les experts qui galèrent, autour d’une thématique spécifique, avec quelques outils ciblés. Ce sera plus court, pour provoquer des déclics, des transformations. Je le vois comme un point d’entrée, facile d’accès, avec un message qui va toucher et résonner chez les personnes que je peux accompagner.

Mon premier livre était drivé par la passion : je voulais écrire un livre ! Je n’ai pas beaucoup réfléchi à l’appel à l’action. Le prochain s’intègre plus dans une stratégie marketing. C’est à mi-chemin : une sorte de catharsis, retraçant mon cheminement, et en même temps, un moyen pour connecter.

Merci Fabien pour ce partage d’expérience riche. Encore bravo pour ton livre très clair et très complet, qui apporte réellement des clés pour prendre sa vie en main et mener à bien ses projets.