Vous connaissez sans doute les aptitudes particulières du Mentalist… Je vous propose aujourd’hui de découvrir le parcours et l’approche d’un Marketing Mentalist hyper inspirant (pour moi) : Bertrand Millet. 

(Si vous préférez écouter l’interview, vous pouvez la regarder en vidéo)

Bonjour Bertrand, peux-tu d’abord nous retracer ton parcours ?

Au départ, je n’étais pas particulièrement attiré par le marketing ni l’entrepreneuriat. Ça s’est imposé tout seul en quelque sorte, parce que je ne me voyais pas faire une carrière dans un domaine en particulier. Alors je me suis débrouillé de plan A en plan B pour ne jamais avoir à travailler vraiment… Le déclencheur, ça a été quand je suis parti m’installer dans le Vercors : il n’y avait pas grand-chose à faire ! Je ne comptais pas trop trouver un petit boulot, mais je n’avais toujours pas envie de « travailler », alors j’ai cherché de nouveaux plans. Par exemple, comme je faisais beaucoup de musique, je pouvais donner des cours. J’avais aussi quelques compétences en informatique, notamment pour dépanner les ordinateurs. Je me suis dit que je pouvais aussi vendre ça… Et c’est venu comme ça, en fait. Je n’avais pas un gros bagage d’études, je n’étais pas excité par une carrière en particulier, j’étais dans une espèce de flou. Je me suis dit 

« Bon, il faut bien gagner de l’argent, donc je me débrouille avec ce que j’ai ». 

Ma première action marketing, en quelque sorte, a consisté à mettre des petites annonces pour les cours de musique chez les commerçants : tu sais, les bouts de papier avec le numéro de téléphone sur des languettes à détacher (ça ne se fait plus trop aujourd’hui !). Il se trouve que les petits papiers ont été arrachés en une journée. J’ai reçu plein de coups de téléphone, et ça a commencé comme ça. Après, je n’ai pas plus développé l’activité, mais j’avais franchi la première barrière, invisible, qui consiste à se dire « ça y est, je vends des trucs ». En réalité, ce n’est pas bien compliqué : il s’agit de proposer quelque chose et les gens prennent s’ils sont intéressés.

J’ai continué comme ça pendant les années qui ont suivi ; je me suis retrouvé dans un triptyque d’activités, parce qu’entretemps, j’avais repris des études, mais comme j’avais commencé à gagner ma vie, je ne pouvais pas m’arrêter là. Donc à côté, j’avais à la fois un job étudiant dans l’animation avec les enfants (j’ai adoré ça) et des activités entrepreneuriales, toujours des plans pour vendre mes compétences. En bref, on peut dire j’étais dans un joyeux bazar professionnel, mi-Tom Sawyer mi-Mc Gyver ! 

J’ai continué comme ça jusqu’à 30 ans environ. À ce moment-là, je suis parti vivre à l’étranger dans le cadre de mes études. Du coup, il a fallu que j’abandonne mes activités professionnelles. Je faisais mes études en droit, mais pour la dernière année, comme j’avais commencé à former des gens et que j’adorais ça, j’ai bifurqué sur un master 2 en RH qui m’a amené à Londres. Là, j’ai découvert deux choses : 

– La première, c’est que j’adore vivre à l’étranger, et ça m’est resté. Depuis 2010, je suis en voyage permanent.

– La deuxième, ça m’a permis de structurer mes activités entrepreneuriales. Après le master en RH, on a beaucoup parlé d’entreprise et de choses comme ça. Je me suis dit qu’il fallait faire les choses proprement maintenant.

J’ai donc créé ma première grosse entreprise, avec sept actionnaires et des milliers d’euros au capital social. C’était un cabinet de formation et de coaching. Ma première claque, c’est la prise de conscience du marketing. Pour la première fois, je ne lançais pas un projet par opportunité : avant, c’était un peu du bricolage, ça marchait, c’était sympa. Là, c’était différent : j’arrive avec un projet en tête, on est sept, je veux atteindre tel chiffre d’affaires, je fais un business plan… J’ai tout fait dans les règles, et le jour de l’ouverture, on a tout (les bureaux, le site internet, les plaquettes, etc.), mais on n’a pas de clients ! 

« Où sont passés mes clients », c’est d’ailleurs le titre d’une formation que je créerai après. 

Quand tu as tout prévu mais que tu n’as pas de client, tu te demandes comment faire pour les attirer… Alors on est passé par tout un tas de systèmes D, il y a eu des très hauts et des très bas, mais quelque chose de nouveau est venu dans ma façon d’entreprendre et dans ma conscience : c’est qu’il faut du marketing, avant même internet, même si je n’ai pas forcément encore mis le nom dessus.

Pendant cette période, je découvre également l’hypnose, je me renforce en PNL et en analyse transactionnelle, de par les activités de cette boîte. Je me spécialise dans toutes ces approches de la psychologie appliquée. Je deviens formateur. Ce projet va durer trois ans. Quand ça s’écroule, ça me laisse quand même de grosses dettes. Par chance, j’ai développé un très beau réseau, on me prête de l’argent, je commence à rembourser et à me tourner vers la suite. En fait, elle avait déjà commencé à se mettre en marche : j’ai pris conscience que ce serait cool que j’aille sur internet comme je voyage beaucoup. Je vivais en Iran à ce moment-là et le fait d’avoir une société en France m’obligeait à faire plein d’allers-retours, c’était fatigant. 

Donc, puisqu’on me parlait beaucoup d’internet, j’y vais ! Mais sur internet, la nécessité du marketing est exacerbée. Dans la vraie vie, tu peux te déplacer et rencontrer des vraies gens, etc. Mais sur internet, il faut être efficace sur une page, en un email, avec très peu de choses. Je dois voir différemment. Je n’ai pas encore le mot « marketing » qui me vient à ce moment-là, mais je sais que je ne peux pas continuer à faire pareil. Je choisis de me former, mais tout ce que je trouve en marketing ne me correspond pas : on me demande de faire des choses avec lesquelles je ne me sens pas à l’aise, je ne trouve pas ça cohérent, je trouve que ça va trop lentement. Je fais un peu de bricolage avec des approches que je connais, comme l’hypnose, la communication non violente, la PNL, bref tout ce que j’ai appris. Et de façon surprenante (pas pour moi parce que j’ai la tête dedans, mais pour beaucoup de personnes), j’ai des résultats très dynamiques et très particuliers : par exemple, je n’ai pas beaucoup de trafic, mais j’ai un taux de conversion hallucinant. À force de discuter avec d’autres entrepreneurs, de montrer mes chiffres, on commence à me demander « Tu viendrais me faire un tunnel ? » puis « OK. Ce serait combien pour faire un tunnel ? » Donc j’en fais un, j’en fais dix, je me professionnalise. Au bout d’un moment, forcément, j’ai une grille de tarifs et des méthodologies, et ça se sait. 

Si bien qu’en janvier 2019, j’ai déjà beaucoup d’activités entrepreneuriales en propre, mais j’ai en plus une quarantaine de clients pour qui je gère le marketing. Et là, j’explose, en fait. Je ne peux pas continuer à ce rythme-là. Je vivais en Thaïlande à l’époque, je ne profitais de rien. Je passais mes journées à bosser, c’était insupportable. Je me suis dit « Très bien, il faut que je fasse quelque chose ». Chaque 1er janvier, je détermine mon verbe de l’année ; celui de 2019 était « élaguer ». Petit à petit, je fomente quelque chose. 

En avril 2019, ça tombe : je prends la décision de me séparer de tous mes business, de fermer les plus inaboutis, et de garder les activités marketing que j’appelle à ce moment-là « Marketing Mentalist » suite aux retours de clients qui avaient l’impression que je lisais dans la tête des prospects ! Et je décide que je ne fais plus que ça. L’activité explose, je signe rapidement de très gros contrats. Je décide aussi d’enseigner le marketing, qui n’est pas l’entrepreneuriat. Ça décolle, c’est une escalade, et on a aujourd’hui une audience de quasiment 10 000 personnes. 

Qu’est-ce que c’est exactement, Marketing Mentalist ?

Marketing Mentalist, au départ, c’est moi, Bertrand Millet, qui donne des conseils en marketing : pour gagner ma vie, je travaillais en tant que consultant marketing, mais avec seulement cinq gros clients. Après, ce qui s’est passé, comme j’avais quand même beaucoup de sollicitations, je me suis dit que j’allais former des gens qui s’intéressent au marketing et je leur enverrais des clients. Je ne saurais plus dire quand ça a commencé, mais assez vite, en fait. Ça a dû commencer en octobre : d’un seul coup, j’ouvre six places, à des conditions contraignantes, à Québec, et elles partent en dix jours. J’ouvre les suivantes, et en moins d’un mois, elles sont remplies. C’est la folie ! On en est à la quatrième session pour novembre 2020, et c’est déjà presque plein. 

De là, je crée trois entités : 

– une qui est Marketing Mentalist, le média qui diffuse le contenu sur le marketing ;

– une agence marketing, qui n’est plus seulement moi, mais qui va comprendre 20 marketeurs qui ont envie de s’investir ;

– une école de marketing, qui ne va plus simplement proposer une formation pour devenir consultant mais aussi d’autres types de formation, dont je ne m’occupe pas personnellement.

Voilà un peu comment Marketing Mentalist grandit

Il y a aussi le Marketing du Quotidien : peux-tu en dire plus sur cette nouvelle idée ?

En gros, mon travail m’a amené à regarder la vie comme du marketing, puisque je n’ai que ça dans la tête. À force de voir les choses sous cet anglej’en suis arrivé à la conclusion que toute interaction humaine est marketing. À partir du moment où on est dans la relation avec l’autre, si on n’a rien à vendre, c’est qu’on est en train de se vendre soi… Que ce soit dans un entretien d’embauche, que ce soit dans un rendez-vous amoureux, que ce soit même dans un groupe social pour prendre sa propre place ou bien des parents et des enfants qui vont discuter… Bref, je me suis dit que les personnes qui savent travailler avec des approches marketing sont forcément mieux équipées pour pouvoir naviguer dans la vie en général. 

Alors, est-ce qu’on peut transposer des outils qui fonctionnent extrêmement bien en marketing pour les apporter au grand public, les mettre à la disposition de tous en leur donnant des clés pour que justement ils les utilisent dans leur vie quotidienne ? 

Voilà donc un peu l’idée. Comment transmettre ça ? Dans un premier temps, ce sera sous forme d’un bouquin, dont j’ai déjà la structure. J’y donnerai les grands concepts, mais ce sera surtout un playbook avec différentes situations pour lesquelles on proposera des solutions, différentes stratégies et postures.

Quels conseils peux-tu donner aux entrepreneurs qui veulent avoir un marketing à la fois éthique et hypnotique ?

Il y a deux choses qu’il faut abolir. La première, c’est que « ce qui n’est pas recommandé par un expert ne fonctionne pas »C’est faux. Ce n’est pas parce qu’un expert ne recommande pas quelque chose que ça ne va pas fonctionner. Il faut oser aller tester, et aussi ne pas accepter de faire des choses avec lesquelles on se sent mal à l’aise. Pourquoi ? Parce que c’est un cercle vicieux. Souvent, on se dit « Bon, je le fais, je ne me sens pas bien, mais ça apporte quand même quelques résultats. En plus, l’expert a dit qu’il fallait faire comme ça, alors je ne m’autorise pas à faire autrement et à explorer une autre voie ». Je ne dis pas que toutes les voies fonctionnent, mais je dis qu’il y a nécessairement une voie qui fonctionnera et te mettra à l’aise. Cette voie-là, tu es dans l’obligation de la chercher.

On pourrait parler de marketing durable comme on parle de développement durable. Peut-être que les résultats n’arriveront pas aussi rapidement ; par contre, sur la longueur, c’est beaucoup plus écologique. C’est un petit peu le problème qu’on va retrouver avec l’environnement : si on attend à chaque fois que ce soit une urgence, c’est-à-dire se sentir vraiment malade ou avoir des critiques clients en permanence, donc une crise, ou alors si on se dit « moi, je veux des résultats, et je veux les voir maintenant » et qu’on attend du coup pour mettre en place des actions dont on sait qu’elles seront efficaces sur le long terme, en fait il ne se passe jamais rien et on continue à faire du dégueulasse. Mais on voit aujourd’hui que ça a un coût : par exemple, les gens qui ont fait du marketing crade avec le dropshipping ont tué le business model pendant un moment. C’est devenu beaucoup plus compliqué, parce que Facebook a pris des mesures ; ça a déséquilibré le secteur et au-delà parce que la publicité Facebook s’en est trouvée traumatisée et les règles ont changé pour tout le monde. Par contre, une fois que la crise est arrivée et qu’on ne pouvait plus vendre de façon sale, d’un seul coup ça a fait un énorme ménage, parce que des tas de gens ont dit que le dropshipping ne fonctionnait pas, alors que ça fonctionne ; et il y en a d’autres qui se sont dit « et si on commençait à faire les choses de façon différente ? »… 

Et on est toujours là dedans. En gros, aujourd’hui, toute personne qui souhaite capitaliser, qui souhaite profiter d’un effet d’accumulation sur les résultats qu’elle obtient aujourd’hui et qui donneront de la valeur à la marque de l’entreprise dans dix ou vingt ans, cette personne a intérêt à penser de cette façon-là, en se disant « je travaille de façon écologique, au moins pour moi, pour que je puisse tenir ces dix ans ».

Et à l’avenir, quelles sont les perspectives pour Marketing Mentalist ?

Marketing Mentalist est finalement un projet encore tout neuf, qui va fêter ses 1 an dans quelques mois. Le but, c’est que l’école continue à distiller des enseignements qui plaisent autant que pour le moment, que l’agence continue à se développer. 

Et puis le but, c’est aussi de continuer à faire grossir l’audience, notamment avec la chaîne YouTube sur laquelle je travaille beaucoup. Donc, la développer sur la prochaine année. 

Le livre, je voulais le faire sortir au printemps, mais je pense plutôt que ce sera un cadeau de Noël.

Merci Bertrand d’avoir partagé ta vision et ton expertise ! Pour te suivre et bénéficier de tes nombreux et précieux conseils, il suffit de s’abonner à ta chaîne YouTube : Marketing Mentalist

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