Lire, écrire, c’est communiquer : voici un texte inspirant qui l’illustre, copié sur le Club Positif (avec autorisation).

Quand les premiers hommes erraient encore sur la terre, forcés de conduire leurs troupeaux là où s’étendaient les plus riches pâturages, un des fils de Japhet s’était endormi dans la solitude, près de ses brebis.

Or, il fit un rêve, que voici.

Il lui sembla qu’il se trouvait sur une haute montagne, d’où il apercevait au loin les tentes de sa tribu et celles de beaucoup d’autres tribus amies.

À cette vue, son coeur bondit de joie, il tendit les bras vers les tentes et éleva la voix pour appeler ses parentes et ses soeurs; mais la distance ne lui permettait ni d’entendre, ni d’être entendu.

Il s’adressa en vain aux nuages pour le transporter jusqu’à ses frères, aux oiseaux pour lui prêter leurs ailes, au vent pour transmettre ses paroles : le vent, les oiseaux et les nuages passèrent sans l’écouter.

Les yeux du pasteur se remplirent de larmes ; 
il cria au Dieu de ses pères:

– « Être tout puissant ! Affranchis-moi de l’espace et du temps! Fais que, dans ma solitude, je puisse parler aux autres hommes, entendre ce qu’ils pensent maintenant et ce qu’ils ont pensé autrefois! »

Alors un ange descendit, et, lui remettant une tablette sur laquelle étaient tracés quelques signes, il lui dit:

« Apprends d’abord à reconnaître ces caractères, puis à les imiter, ton souhait sera accompli. »

C’était l’alphabet que cet Être Suprême donnait au genre humain, et avec lui les 2 arts les plus utiles à ses progrès et à son bonheur, la lecture et l’écriture!

Grâce à eux, en effet, qu’importent la solitude et l’éloignement?

L’HOMME QUI SAIT LIRE DIALOGUE AVEC LES ABSENTS.

Il reçoit leurs confidences, il entend leurs assurances d’affection, il sait ce qu’ils font, ce qu’ils pensent, ce qu’ils désirent.

Le papier qu’il reçoit, couvert de signes qu’ils ont tracés, est pareil à ces talismans qui pouvaient, dit-on, évoquer les amis é1oignés, les montrer à nos yeux dans leurs sentiments et leurs occupations.

Sans la lecture, les absents seraient comme des morts, car on cesserait de savoir où ils sont, ce dont ils s’occupent, s’ils se souviennent encore, et si nous continuons à leur être chers.

Otez ces entretiens écrits qui ravivent la mémoire et raniment le coeur et la plupart des liens seraient rompus par l’éloignement.